4. Le statut juridique de la femme d'aujourd'hui
Le Code du statut personnel (CSP) est l'un des actes les plus connus du président tunisien Habib Bourguiba lors de son arrivée au pouvoir après l'indépendance de son pays. Il s'agit d'une série de lois progressistes, promulguée le 13 août 1956 et entrée en vigueur le 1er janvier 1957, visant à l'égalité entre homme et femme dans nombre de domaines.Habib Bourguiba
Déjà il y a l 'instauration du principe de l'égalité l 'homme et de la femme sur le plan de la citoyenneté.Il y a l'interdiction de la polygamie : « Quiconque étant engagé dans des liens du mariage en aura contracté un autre avant la dissolution du précédent sera passible d'un emprisonnement d'un an et d'une amende » (article 18.
Pour justifier cette mesure, Bourguiba se réfère à une sourate du Coran :« Épousez, comme il vous plaira, 2, 3 ou 4 femmes. Mais si vous craignez de n'être pas équitables, prenez une seule femme » (verset 3 de la sourate des femmes. Pour Bourguiba, la condition de l'équité entre les épouses étant impossible à assurer, l'interdiction de la polygamie devient légitime.
D'autre part il y a le principe du consentement des 2 époux comme règle de validité de tout mariage (article 3. Le CSP pose ce principe pour la première fois dans un pays arabo-musulman. Suite à cela il y a aussi l'instauration d'une procédure de divorce et le droit de l'épouse à réparation : « le divorce ne peut avoir lieu que devant le tribunal » (article 30.)
Femmes magistrats
Jusqu'en 1956, le divorce était l'apanage de l'homme qui pouvait répudier son épouse par une simple déclaration authentifiée par 2 témoins. Pour lutter contre les mariages forcés , l'Etat décide d'instaurer un âge minimum obligatoire au mariage (limité dans un premier temps à 18 ans pour l'homme et 15 ans pour la femme avant de le majorer de 2 ans pour l'un et l'autre en 1959.Parmi les autres innovations du texte, on peut citer la contribution de la femme aux charges de famille et l'attribution à la mère, en cas de décès du père, du droit de tutelle sur ses enfants mineurs. La reconnaissance du droit de vote et d'éligibilité, appliqué dès 1956, est officialisée le 14 mars 1957. En parallèle, les Tunisiennes obtiennent le droit d'avorter et de bénéficier de la pilule contraceptive en 1963. Le 13 août est déclaré jour férié (Journée nationale de la Femme).
Le 12 juillet 1993, d'autres mesures sont consacrées à la participation de la mère à la gestion des affaires des enfants et de l'obligation aux époux de « se traiter mutuellement avec bienveillance et de s'entraider dans la gestion du foyer. À l'occasion du 50e anniversaire de la promulgation du CSP, le président Zine El-Abidine Ben Ali annonce deux projets de loi : l'un pour renforcer le droit au logement au profit de la mère ayant la garde des enfants et l'autre pour unifier l'âge minimum au mariage (fixé à 18 ans pour les jeunes des deux sexes).
Mais la réforme la plus importante pour les femmes tunisiennes est le droit de vote établi en 1957 par le président Habib Bourguiba.
Femme votant

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